Il est tombé amoureux
May. 5th, 2004 05:36 amIl n'y avait rien d'extraordinaire dans cette histoire-ci. Cela pouvait arriver à un enfant de 10 ans, ainsi qu'à quelqu'un de 16. Cela pouvait également arriver à quelqu'un de 75. Peu importe. Lui, cela lui arriva à 25. Il est tombé amoureux. Amoureux sans réponse.
L'amour. Ce mot n'est pas oublié, mais on ne l'écrit plus d'une majuscule, sauf dans les cahiers des vieilles filles, des poètes, des jeunes un peu trop romantiques et des idiots de toutes sortes. Ah, oui, aussi dans les livres des Bouddhistes et des certains psychologues. Mais là c'est plutôt l'Amour abstrait, l'Amour à l'Univers entier, ça va dire à n'importe quoi.
L'Amour c'est trop beau pour être vrai, trop naïf pour en croire. On dit "Je t'aime". On le dit déjà dans un lit, ou en s'embrassant. On le dit en attendant de réponse "Je t'aime aussi". Les gens intelligents ne le disent qu'à leurs femmes, leurs maîtresses et leurs copines. L'amour sans réponse n'existe pas, on le sait. Ce que parfois on appelle ainsi, n'est qu'une attirance physique ou émotionnelle, ou encore certaine façon de satisfaire son égoïsme ou masochisme. Si tu aimes une femme, sors avec elle, embrasse la, vis avec elle! Mais ne souffre pas à cause qu'elle n'est pas avec toi. Ne te laisse pas être prisonnier de tes rêves. Il ne faut pas bâtir des châteaux de sable.
Vraiment, comment ce qu'on peut aimer quelqu'un qu'on ne connaît même pas? Et qu'est-ce qu'on aime dans lui? Son visage? Son corps? Sa voix et sa façon de parler? Ses pensées et ses idées? Pour aimer quelqu'un, il faut le connaître. Il faut rester ensemble pour longtemps. Il faut lui parler chaque jour et surtout l'écouter.
Sinon ce n'est pas de l'amour.
Lui, il connaissait tout cela. Ainsi qu'une bonne centaine d'autres idées aussi sages. Pourtant il ne pouvait plus rien faire. C'était comme maladie, comme un piège. Cela arrivé malgré lui.
Ils étaient presque voisins. Parfois ils se croisaient dans les corridors de l'immeubles. Ils ne se disaient que "Salut! Comment ça va?". Ils ne connaissaient quasiment rien l'un de l'autre. Il remarqua qu'elle était belle et gentille. "Mais dans cette planète il y a plein des femmes belles et gentilles, se dit-il". Son visage lui plaisait, c'est vrai. Mais qui sait, ce qui se cache devant? Et puis, il était presque sûr qu'elle a quelqu'un.
Alors chaque matin il disait ses "Salut! Comment ça va?" et entendait que "ça va bien, merci. Et toi?".
Puis c'était un soir qui changea tout. Ils se croisèrent et ils se parlèrent. Elle lui raconta un peu de soi-même, de sa vie, de ses rêves. Soudain il comprit qu'ils se ressemblent. Ils ne parlaient que 15 minutes. Ensuite ils se dirent "Au revoir. À la prochaine.". Le lendemain elle partit pour quelques mois. Lui, il resta chez soi. Les jours suivaient les jours. La vie se continua. Il ne pensait qu'à elle. Les autres femmes n'avaient plus d'importance pour lui. Oui, elles étaient belles, parfois intelligentes. Certaines avaient de classe. Il pouvait être attiré par elles. Mais toujours il se souvenait d'Elle. C'était stupide, c'était ridicule. Il le savait. Quelques minutes de dialogue. Quelques "Salut! Comment ça va?". Et ensuite… un amour. Un vrai amour. Cela ressembla à l'histoire tirée d'un mauvais roman. Pourtant ce fût la vie. Il n'avait pas de sa photo. Mais il la regardait dans ces rêves. Il ne l'écrivait pas, même s'il connaissait son adresse. Cela, c'était encore plus stupide que son amour.
En interrogeant des amis et des amies communs, il appris qu'elle a un copain et qu'ils sont bien ensemble. Ce copain, dit-on, était intelligent et gentil, ne pas sans certaine créativité en plus. Cela lui calma un peu. Ainsi Elle sort avec quelqu'un digne, et non pas avec n'importe qui. À même temps, cela le fâcha. Il commença à croire que s'il parlait avec Elle il y a une année, tout pouvait être bien différent. Car cela ne faisait qu'une année que Elle sortait avec son rival.
Ainsi il rencontra toute sorte de sentiments que les autres (et lui aussi, évidement) rencontrent normalement à 15 ans.
(c) Eugène Lakinsky
L'amour. Ce mot n'est pas oublié, mais on ne l'écrit plus d'une majuscule, sauf dans les cahiers des vieilles filles, des poètes, des jeunes un peu trop romantiques et des idiots de toutes sortes. Ah, oui, aussi dans les livres des Bouddhistes et des certains psychologues. Mais là c'est plutôt l'Amour abstrait, l'Amour à l'Univers entier, ça va dire à n'importe quoi.
L'Amour c'est trop beau pour être vrai, trop naïf pour en croire. On dit "Je t'aime". On le dit déjà dans un lit, ou en s'embrassant. On le dit en attendant de réponse "Je t'aime aussi". Les gens intelligents ne le disent qu'à leurs femmes, leurs maîtresses et leurs copines. L'amour sans réponse n'existe pas, on le sait. Ce que parfois on appelle ainsi, n'est qu'une attirance physique ou émotionnelle, ou encore certaine façon de satisfaire son égoïsme ou masochisme. Si tu aimes une femme, sors avec elle, embrasse la, vis avec elle! Mais ne souffre pas à cause qu'elle n'est pas avec toi. Ne te laisse pas être prisonnier de tes rêves. Il ne faut pas bâtir des châteaux de sable.
Vraiment, comment ce qu'on peut aimer quelqu'un qu'on ne connaît même pas? Et qu'est-ce qu'on aime dans lui? Son visage? Son corps? Sa voix et sa façon de parler? Ses pensées et ses idées? Pour aimer quelqu'un, il faut le connaître. Il faut rester ensemble pour longtemps. Il faut lui parler chaque jour et surtout l'écouter.
Sinon ce n'est pas de l'amour.
Lui, il connaissait tout cela. Ainsi qu'une bonne centaine d'autres idées aussi sages. Pourtant il ne pouvait plus rien faire. C'était comme maladie, comme un piège. Cela arrivé malgré lui.
Ils étaient presque voisins. Parfois ils se croisaient dans les corridors de l'immeubles. Ils ne se disaient que "Salut! Comment ça va?". Ils ne connaissaient quasiment rien l'un de l'autre. Il remarqua qu'elle était belle et gentille. "Mais dans cette planète il y a plein des femmes belles et gentilles, se dit-il". Son visage lui plaisait, c'est vrai. Mais qui sait, ce qui se cache devant? Et puis, il était presque sûr qu'elle a quelqu'un.
Alors chaque matin il disait ses "Salut! Comment ça va?" et entendait que "ça va bien, merci. Et toi?".
Puis c'était un soir qui changea tout. Ils se croisèrent et ils se parlèrent. Elle lui raconta un peu de soi-même, de sa vie, de ses rêves. Soudain il comprit qu'ils se ressemblent. Ils ne parlaient que 15 minutes. Ensuite ils se dirent "Au revoir. À la prochaine.". Le lendemain elle partit pour quelques mois. Lui, il resta chez soi. Les jours suivaient les jours. La vie se continua. Il ne pensait qu'à elle. Les autres femmes n'avaient plus d'importance pour lui. Oui, elles étaient belles, parfois intelligentes. Certaines avaient de classe. Il pouvait être attiré par elles. Mais toujours il se souvenait d'Elle. C'était stupide, c'était ridicule. Il le savait. Quelques minutes de dialogue. Quelques "Salut! Comment ça va?". Et ensuite… un amour. Un vrai amour. Cela ressembla à l'histoire tirée d'un mauvais roman. Pourtant ce fût la vie. Il n'avait pas de sa photo. Mais il la regardait dans ces rêves. Il ne l'écrivait pas, même s'il connaissait son adresse. Cela, c'était encore plus stupide que son amour.
En interrogeant des amis et des amies communs, il appris qu'elle a un copain et qu'ils sont bien ensemble. Ce copain, dit-on, était intelligent et gentil, ne pas sans certaine créativité en plus. Cela lui calma un peu. Ainsi Elle sort avec quelqu'un digne, et non pas avec n'importe qui. À même temps, cela le fâcha. Il commença à croire que s'il parlait avec Elle il y a une année, tout pouvait être bien différent. Car cela ne faisait qu'une année que Elle sortait avec son rival.
Ainsi il rencontra toute sorte de sentiments que les autres (et lui aussi, évidement) rencontrent normalement à 15 ans.
(c) Eugène Lakinsky